2002: 100 ans SSFA - Derriére nous et aujourd'hui

Clara von Rappard, autoportrait, 1890

La SSFA prit forme en guise de protestation. Dix ans de discussions stériles sur la reconnaissance des artistes femmes causèrent leur exclusion de toute manifestation à l'échelon national. Ferdinand Hodler, qui présida des années durant aux destinées de la GSMBA, s'opposa à l'admission des artistes femmes avec cet argument-clé «Pas de femmelettes chez nous!» Devant le fait accompli quelques artistes femmes au caractère bien trempé décidèrent en 1902 sous la conduite de la Lausannoise Berthe Sandoz-Lassieur de voler de leurs propres ailes en fondant la «Société romande des femmes peintres et sculpteurs.» Bientôt rejointes par les sections de Genève, Neuchâtel, Berne, Bâle et Zurich. Depuis lors les artistes femmes de notre pays se représentent elles-mêmes. Il s'agit d'être sur un pied d'égalité avec les hommes dans les expositions et les concours, les commandes des pouvoirs publics et l'occupation de siéger dans les commissions et les jurys.

Le droit de vote accordée aux femmes en 1973 a certes forcé la GSMBA a les accueillir en tant qu'artistes. Toutefois la SSFA a poursuivi ses activités en développant des expositions et en assurant la promotion de ses membres. Une fois que quelques objectifs atteints après un combat acharné furent considérés comme acquis, en 1996 la majorité des membres du comité directeur pesa de tout son poids pour dissoudre la SSFA et fusionner avec la GSMBA (devenue entre temps Visarte ). Un vent de résistance souffla au travers des sections, et l'assemblée générale de septembre 2000 décida quasi à l'unanimité du maintien de la SSFA. Les revendications égalitaires et le slogan «Les femmes encouragent les femmes» convainquirent leur auditoire.