Aimée Rapin

Une femme et une artiste d'exception

(IE) Le Service pour la promotion de l'égalité entre homme et femme de Genève a publié en juin 2004 un livre intitulé « Pionnières et Créatrices en Suisse romande, XIXe et XXe siècles ». L'ouvrage met en lumière le destin de 56 femmes qui se sont distinguées dans divers domaines. Parmi ces femmes exceptionnelles nous trouvons six artistes : Adèle d'Affry, (1836-1879), la célèbre sculptrice connue sous le pseudonyme de Marcello, Alice Bailly (1872-1938), à laquelle le musée des beaux-arts de Lausanne consacrera une grande rétrospective en automne 2005, Marguerite Burnat-Provins (1872-1952), dont la Fondation Neumann à Gingins a réalisé en 2003 une exposition accompagnée d'un riche catalogue, Aloïse (Corbaz) (1886-1964), représentée dans la Collection de l'Art brut à Lausanne et qui a vécu un destin semblable à celui d'Adolf Wöffli, Aimée Rapin (1868-1956), dont les 'uvres se trouvent au Musée de Payerne, qui prépare une grande rétrospective en 2006, à l'occassion du 50ème anniversaire de la mort de l'artiste et finalement Henriette Rath (1773-1856), la célèbre miniaturiste et fondatrice, en 1826, du Musée Rath à Genève, le premier édifice construit en Suisse pour abriter un musée des beaux-arts.

Des six artistes, seule Aimée Rapin était membre de la SSFA. Cofondatrice de la section de Genève, elle est restée fidèle à la Société jusqu'à sa mort, en 1956. Alice Bailly et M. Burnat-Provins y avaient des contacts sans en être membres. Les autres artistes mentionnées ont vécu avant la fondation de la SSFA ou, comme Aloïse, en clinique psychiatrique.

Aimée Rapin est née sans bras ; elle se sert de ses pieds. Voulant que sa peinture soit jugée comme l'est celle des autres artistes, elle impose le silence sur son handicap. Aux beaux-arts ses professeurs sont Henri Hébert, puis Barthélemy Menn. Très attaché à Aimée Rapin, Menn exerce une influence décisive sur le développement artistique de celle-ci; il la qualifie de « portraitiste née ». L'artiste se fait rapidement une clientèle dans la « bonne société » en Europe, en Amérique et même à la cour des Windsor. Le succès lui permet d'acquérir sa propre maison au quai Gustave Ador à Genève. Elle est l'une des artistes les plus remarquables de sa génération.

Simone Rapin, A propos d'Aimée Rapin, Ed. Musée de Payerne, 1977